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86 nouvelles pour « Un mot de trop »Bonjour… Je me présente : Prénom Mickey. Je vis à Carly 3 ; c’est une cité coincée entre Le Viaduc et où passe Le train… Ici, c’est le règne des beaufs, tendance plutôt Beauf caviar. La nuit on entend parfois de terribles règlements de compte, ou une affreuse Scène de ménage, (beaucoup de carlysiens ont L’amour vache, les cloisons sont en papier à cigarette et Les murs ont des oreilles). On ne peut être sûr de rien ici : votre voisin peut vite devenir Votre tueur… Je me suis longtemps senti dans cette cité comme un Témoin gênant, Le boulet qui se traîne, je survivais en gratouillant vaguement de La guitare, je n’avais qu’une envie : être Enfin seul. Et puis un jour, mon copain Picsou m’entraîne dans son atelier de théâtre pour y monter une pièce explosive qui s’appelle « La grenade de Manille ». Je n’ai qu’une réplique dans la pièce : « Vous avez de l’ Irouleguy ? » mais je crois que je la dis bien. Et puis Picsou s’est pacsé ; il déménage et j’ai envie de tout arrêter. Mais on me propose un petit rôle dans « La muse des cocktails Molotov », (je tiens le rôle du Bonhomme picaresque : emballant, drolatique). La muse, c’est Jeanne. A la première lecture de la pièce, quand elle se lève pour prononcer sa grande tirade : « Liberté, égalité, fraternité, amour », je suis ébloui... Il faut dire qu’elle a L’éclat des Perséides, le mystère d’ Une étoile polaire dans l’hémisphère sud. Je l’emmène au T- Rex (versus Rhinocéros). Il y a d’abord un court métrage, « Bombyx 87 », et puis un grand mélo : « Méribel, mon amour » et quand Jeanne pleure, je lui prends la main. Après le film, je l’embrasse derrière Les thuyas, A côté de la piscine… Je suis au septième ciel, je vogue Dans les étoiles, je comprends enfin ce qu’est La Légèreté. Mais Même les meilleures choses ont une fin… Un jour je l’invite dans une boîte, « Le mot du tabou », près des remparts de la ville, je bois trop, je dis Sept mots de trop à la citadelle…Vraiment, Ce qu’il ne fallait pas dire. Bref terrible Faux pas. Elle part. Trou noir. Depuis cette Drôle de saison, je me sens terriblement Coupable, j’ai des envies de prendre La clef des champs, de galoper comme un Cheval échappé jusqu’aux Antipodes, je ressens L’ivresse de l’animal, parfois je me sens l’âme d’un Régicide, bref je disjoncte et j’expérimente Les états d’âme d’un schizophrène… Un jour, n’en pouvant plus, je confie à Nathalie, la (très) jolie vendeuse de La Boutique de Quintana, mon désir de fuir comme un Transfuge.
- Gros benêt ! Vous ne manquerez à personne… me dit d’Une petite voix Nathalie.
(Ironie du sort : si Nathalie a tout à fait l’apparence de
La poupée, elle sait manier la
Sentence assassine.)
Nathalie était si convaincante, j’ai essayé. Mes premières tentatives sont encore dans un tiroir : pas assez d’observation du Détail, il faudra Rebattre les cartes, inventer de nouvelles Reconfigurations pour les voir peut-être aboutir. Mais je viens d’envoyer à un concours ma première nouvelle: « Nul n’est prophète en son pays ». Pour me distraire de l’attente du résultat, je travaille sur un autre texte : pour le titre j’hésite encore entre « Le reportage d’Albert » ou « Fin de règne ». Nathalie de son côté vient d’envoyer une nouvelle intitulée « Miroir , mon beau miroir » à un concours sponsorisé par le grand labo de chirurgie esthétique : Piqûres idéales. Ces derniers mois, j’ai découvert que j’aimais Nathalie, Parce que… parce qu’elle est Nathalie ! Quand j’écris seul dans la nuit après ma journée de travail, dans Le secret de l’absence, prononcer son nom allume en moi des Feux d’artifices intérieurs. Mon rêve serait d’écrire avec elle un Chef-d’œuvre à deux mains. J’ai déjà un titre : « Le petit mot du paysagiste ». Ce soir pour discuter de tous ces projets, j’ai retenu deux couverts au petit restaurant au coin de ma rue, Le retour des Fruits d’or. Je l’attends : Chut !, Maintenant elle ne tardera plus. |